Ici ou ailleurs, l'enfant et la femme,... par Stéphanie Larbuisson

Après une journée de classe, fière d’avoir appris un peu plus encore…Thilini se dit qu’elle sera chez elle dans un peu moins de deux heures. Impatiente de raconter à son petit frère, encore trop jeune pour aller à l’école, l’histoire de son pays, qui elle en est certaine, plaira à Chanuka, elle pense à ce qu’elle va lui raconter sur les Portugais, les Hollandais, puis les Anglais (qu’il connait déjà)...  Comment sont arrivées les routes, les voies ferrées, qui leur permettent aujourd’hui de rendre visite à leurs grands-parents. Samadhi se demande si elle a bien fait d’aborder de cette manière la sombre violence interethnique entre Tamouls et Cinghalais. Elle n’aimerait pas que les enfants soient choqués par ce qu’elle a pu leur raconter sur l’instabilité dans laquelle a longtemps été plongé leur pays. Mais il y avait aussi les pierres précieuses…et la jolie histoire de Sangamitta, la fille d’Ashoka, venue planter, au IIIème siècle avant Jésus-Christ, à son arrivée sur l’île, une bouture du ficus religiosa, l’arbre sacré sous lequel Bouddha a atteint l’éveil en Inde. Bientôt, elle sera obligée de leur parler du tsunami dévastateur de 2004. Celui qui a emporté une partie de sa famille…

Dinusha balaie la classe, et son geste lui rappelle celui du travailleur tamoul de l’Inde du sud qu’elle a imaginé quand Samadhi leur a raconté l’histoire de la culture du thé. Elle pense au chemin qu’il a parcouru pour arriver vers les régions centrales du pays afin de venir travailler dans les plantations, seul, sans sa famille. Elle se dit qu’elle a de la chance… Elle aime venir à l’école. Elle aime ce moment de silence qui lui permet de s’évader dans les images que Samadhi vient de lui conter sur l’histoire de ses ancêtres.

Last modified onFriday, 21 May 2021 06:34
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