La traversée de l'isthme de Panama

Cet article se fonde sur une traduction libre d’un texte de John Askell Kemble, Professeur d’histoire, intitulé « The Gold Rush by Panama, 1848-1851, Fev. 1949

A l’époque de la ruée vers l’or de Californie en 1848, il n’y avait que deux routes ouvertes pour la rejoindre. La première consistait à voyager autour de l’Amérique latine en contournant le Cap Horn, la seconde consistait à voyager par bateau jusqu’à un port sur la côte du Mexique ou de l’Amérique Centrale, à traverser à pied le continent jusqu’à la côte pacifique, puis à rejoindre la Californie par bateau à nouveau. Les itinéraires par la terre étaient plus difficiles. De plus, l’annonce de la découverte d’or se fit en plein milieu de l’hiver ce qui aurait empêché tout voyage jusqu’au printemps suivant.
La route du Cap Horn était plus longue, mais plus simple et plus sûre, malgré les risques de naufrage dans les mers démontées du sud. La route par mer, puis par terre était possible du Panama, du Nicaragua, du Guatemala et du Mexique et pourtant ce fut celle du Panama qui fut la plus utilisée. Elle offrait le parcours le plus court sur terre et les meilleurs arrangements pour passer de l’océan à la terre. En 1855, la liaison ferroviaire fut établie entre les deux côtes. Les principaux obstacles de cette route étaient les conditions climatiques et le manque de navire pour achever le voyage de Panama à la Californie.
En 1850, 11.770 migrants contournèrent le Cap Horn et 13.809 arrivèrent par l’isthme de Panama.
En 1848, il n’y avait que peu d’informations accessibles décrivant le voyage. La source la plus utilisée était un guide de voyage écrit par John Osborne à l’usage des passagers de la compagnie ferroviaire Royal Mail. Il décrivait un voyage à travers des contrées calmes et luxuriantes. Cette description sera rapidement mise à mal par le volume de la migration. De nombreux autres guides de voyage furent publiés aux Etats-Unis, mais aussi en Europe dans les années 48 à 51 pour accompagner les aventuriers. La plupart d’entre eux arrivaient pourtant mal préparés.
Le 27 décembre 1848, le Falcon de la United States Mail Steamship Company arriva à Chagres sur la côte atlantique du Panama. A son bord se trouvaient 200 passagers venant de New York et de la Nouvelle Orléans. Fin mai 1849, ce sont plus de 59 bateaux qui accostèrent, transportant plus de 4000 passagers, la plupart étaient des voiliers. Le voyage de New York durait environ 8 à 12 jours. En s’approchant de Chagres, les voyageurs découvraient les collines couvertes de jungle et souvent perdues dans le brouillard et la pluie. De l’embouchure de la rivière Chagres, ils devaient débarquer et embarquer sur de petites chaloupes, pour franchir l’estuaire qui n’était profond que de 13 pieds, avant de réembarquer sur un bateau pour remonter la rivière jusqu’à une distance d’environ 30 kilomètres de Panama et de la côte pacifique. La dernière partie du trajet se faisait à pied.
La ville de Chagres était composée de quelques centaines de huttes, couvertes de palmes, habitées par des indiens et des gens de couleur ainsi que de quelques bâtiments officiels.
Avec l’arrivée en masse des migrants, la situation évolua rapidement et un nouveau quartier américain fut construit pour les accueillir avec une population de résidants américains qui prenaient soin d’eux. Les guides de voyage s’accordent pour dire que les conditions de vie dans la ville étaient exécrables et qu’il fallait la quitter au plus vite.
La suite du voyage se faisait en canoé, puis plus tard en vapeur, surtout pendant la saison des pluies lorsque le niveau d’eau était suffisant. Des « hôtels » se développèrent sur les berges de la rivière. Le voyage durait 3 jours jusqu’à Gorgona et les guides recommandaient de prendre ses propres provisions.
Pendant la saison sèche, le voyage était agréable, pendant la saison des pluies, il se transformait en cauchemar. Une fois arrivé à Gorgona, le voyageur devait louer une mule ou marcher et organiser son transfert de Panama à San Francisco. Il faillait mieux garder ses bagages à l’œil. Le voyage à pied durait deux jours à travers les collines. Une fois arrivé à Panama, le voyageur retrouvait ses bagages, cherchait un endroit pour loger et devait se renseigner sur les horaires des bateaux qui partaient pour San Francisco. L’attente pouvait durer puisque beaucoup de voyageurs n’avaient pas organisé l’entier de leur voyage depuis New York et espéraient un billet.
Le climat difficile et les maladies firent que beaucoup de voyageur n’attinrent jamais leur but.

Last modified onThursday, 13 May 2021 07:10
(0 votes)
Read 466 times
Tagged under :